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jeudi 4 décembre 2014

Intermède

Merci de vos messages. Je ne parviens pas à assurer le minimum syndical du blog en ce moment et tourne ainsi le dos à mes récentes velléités.

Entre nouveau boulot et problématiques de vie associative qui me happent ces temps-ci, plus tout le reste, je ne sais pas où caser la partie super cabane. Mais bon, je reviendrai c'est sûr, et bientôt j'espère. Et, par la magie d'Internénette, la boutique reste ouverte (des nouveautés en début d'année prochaine j'espère ?!) !

Au passage, ma petite montée sur ressorts a eu deux ans il y a peu, je ne pouvais pas le passer sous silence...


A bientôt, des bécots !

lundi 9 décembre 2013

Hier est dans aujourd'hui

(ou aujourd'hui est né d'hier)
(ou les retrouvailles entre hier et aujourd'hui)

Je me suis replongée dans mes dessins d'enfant conservés religieusement par ma mère. J'ai pu y voir comme une drôle d'ascendance sur les images qui me touchent aujourd'hui en plein coeur et qui hantent mon Pinterest.

L'enfant est resté là quelque part. Ou il existe une certaine continuité avec ce qui nous marque dès la prime enfance. J'en avais déjà parlé ici. Ça me rappelle une phrase que Timai (quand on est fan...) a cité plusieurs fois, d'un de ses profs : "Il y a deux choses que quoiqu'il arrive on n'oublie jamais : le regard de sa mère et les couleurs de son pays". Mon pays imaginaire, mon pays ancestral, il est là, dans ces couleurs, dans ces motifs, dans cette proFUSION.


Image de droite ici sur mon Pinterest, trouvée là.


Image de droite ici sur mon Pinterest, trouvée là.


Image de droite ici sur mon Pinterest.


Image de droite ici sur mon Pinterest, trouvée là.


Image de droite du Sartorialist, ici sur mon Pinterest.


Image de droite ici sur mon Pinterest, trouvée là.

Passez une bonne semaine !


Edit du 16.12.13 : Vous découvrez peut-être cet article grâce à Serena qui en parle aujourd'hui sur son blog Recreatio. En guise d'avant goût de sa super émission de radio (rdv jeudi prochain sur trENSmissions !), elle évoque la petite mythologie personnelle qui abreuve chacun d'entre nous et façonne notre regard en matière de beauté. Ça me fait très plaisir car c'est un sujet qui me passionne et, en rédigeant cet article, je songeais justement à mon propre mythe sur mes origines familiales orientales, de divers orients, certaines et moins certaines...

J'essaierai de revenir cette semaine avec de la création !

jeudi 19 septembre 2013

Ça ne se fait pas de parler de soi



(Attention EGO, je préviens - les enfants sont gardés, c'est la semaine de l'égocentrisme, ne me demandez pas pourquoi je peux être aussi prolixe en la matière)

J'ai vu le beau portrait de Christophe Robin réalisé par la géniale Mai qui aborde la sublimation par la coloration des cheveux. Il a, enfant, assisté à des séances de magie qui transformaient sa mère et ses copines et a voulu lui-même devenir magicien une fois adulte. 

Je me disais que dans ma vie j'ai très peu touché à mon corps. 
Jamais de coloration, jamais de tatouage, pas envie, ça ne m'attire pas. Le côté définitif du tatouage me repousse carrément, mais je n'ai même pas essayé quelque chose de temporaire. D'abord quel symbole je choisirais, où je le mettrais et pourquoi je l'écrirais sur mon corps ? Ce sont des questions que je formule aujourd'hui mais que je ne me posais même pas consciemment, ça ne m'attirait pas. 
J'ai eu les oreilles percées à 6 ans, un rite traditionnel si on peut dire. Elles ne le sont peut-être plus d'ailleurs depuis le temps que je n'ai pas porté de BO. J'ai juste ajouté un piercing en haut de l'oreille à l'adolescence pour dire 'chuis une rebelle'. 
Presque pas de maquillage, je n'arrive pas à prendre ce temps et je fais toujours un peu les mêmes choses sinon je me sens vite déguisée. Le vernis à ongles j'aime bien mais c'est exceptionnel, je ne prends pas de temps pour ça non plus.
Depuis quelques années je ne porte plus de parfum, l'odeur me gène quand elle me suit et qu'elle est trop présente même si je trouve qu'elle sent bon.
En fin de compte, les contraintes du corps sont plutôt réservées chez moi aux occasions de fêtes (qui, vous l'aurez compris, n'ont pas lieu tous les jours !).

Ça y est, j'ai fini de raconter ma vie, enfin presque.
Pourquoi j'agis ainsi ? Est-ce que j'ai besoin de respecter mon intégrité, de ne pas modifier ma nature profonde, mon corps est-il à ce point sacré ? C'est vrai, j'en parlais dans le précédent billet, j'ai plutôt besoin d'être dans ma bulle et pas touche. 
Est-ce que je voudrais effacer ma personnalité ? Je n'ai pas envie qu'on me remarque plus que ça, ça oui, qu'on puisse penser que 'je fais la belle' (oui, Mai, il y a du chemin avant qu'on arrive à se décomplexer et vivre une féminité libérée), qu'on puisse penser que je fais partie d'une caste. Mais ma personnalité c'est celle-là, ne pas ajouter des choses qui me semblent être des artifices. 
Tout ça me donne envie de m'intéresser à la démarche de ceux qui choisissent d'apparaître quotidiennement grimés, fardés, colorés ou dé-colorés... marqués parfois. Au-delà du maquillage-habit-armure sans lequel on ne peut sortir sous peine de se sentir nu et vulnérable, ou du maquillage-camouflage d'imperfections ou de la couleur-camouflage de cheveux blancs, Christophe Robin voit de plus en plus une volonté d'affirmer sa personnalité à travers sa transformation. Personnalité ? Pas identité donc. 
Alors, s'affirmer, voire même marquer une différence, se singulariser ? Ou faire comme celles/ceux qui sont considéré(e)s comme belles/beaux ou qui appartiennent à tel groupe identifié (Christophe Robin parle aussi des 'leaders d'opinion') ? (Ou faire comme notre mère ?)
Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous avez une attitude décomplexée : c'est un jeu, il faut faire la fête tous les jours et se grimer ? Est-ce que vos transformations tendent à la beauté ? (rôoolala mais c'est quoi la beauté ?) Est-ce que vos transformations sont un moyen d'exprimer quelque chose qui vous appartient ? quelque chose que vous voulez dire aux autres ?...

Coïncidence : je suis tombée en fouillant dans mes cartons (rapport à un déménagement d'il y a deux ans... hum) sur un numéro spécial du magazine Géo de 2005 sur les parures du monde. Y figure un extrait du livre "Le vêtement incarné, les métamorphoses du corps" de France Borel, édition Calmann-Lévy, 1992 : "(...) la constance reste la transformation des apparences. Même nos cultures occidentales contemporaines, derrière le culte de l'intégralité du corps, ne cessent de le changer en l'habillant de muscles, de bronzage ou de fards, en lui teignant la chevelure ou en lui arrachant les poils. Les gestes apparemment les plus innocents de l'entretien du corps cachent souvent une tendance persistante et déguisée à l'assujettir à des normes strictes qui le revêtent d'un voile de civilisation. Sous aucun tropique ne persiste la nudité intégrale offerte par la naissance. L'homme met son empreinte sur l'homme. Le corps n'est pas un produit de la nature, mais de la culture."

Edit du 18.12.13 : Il faut aller voir ce beauty portrait de Valérie Solvit par Timai ! Se maquiller, c'est se préparer à rencontrer l'autre. Ce sont les épices qu'on se met. Un regard qui donne envie !

mercredi 18 septembre 2013

Le goût des autres


N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver ?

On est seul sur le chemin. N'attendez pas que les autres vous portent.
Par contre, comment apprend-on à établir des ponts vers les autres ? Comment apprend-on à s'ouvrir et à poser un regard curieux sur ses congénères et le monde extérieur ? Comment apprend-on à faire circuler l'émotion de soi aux autres et des autres à soi ? A être généreux en signes d'amour ? A offrir de soi ?
D'ailleurs cela se transmet-il ?
C'est une infirme qui s'interroge, qui rêvait déjà petite de construire une super cabane histoire de bien s'abriter du reste du monde, fascinée par l'histoire de Robinson Crusoe.

La super cabane, c'est la cabane mythique de mon enfance, celle que j'ai toujours rêvé de construire, celle que je n'ai jamais finalement construite. Pourtant, aujourd'hui du haut de mes 33 ans (purée, l'âge du Christ comme dirait l'autre), elle est toujours là dans ma tête cette super cabane qui me réconforte et me permet de vaquer. Je ne sais pas si un jour je la construirais, je ne crois pas, même pour mes enfants. On verra bien ce qu'ils feront eux. Mais j'aimerais tellement qu'ils sachent aller à la rencontre de l'autre car je me rends compte ô combien c'est essentiel (non, les autres ne sont pas forcément des agresseurs potentiels, on peut partager des choses avec eux !). Et j'aimerais qu'ils portent un regard apaisé et curieux sur ce monde... et... et... Ils feront ce qu'ils peuvent comme toute le monde, avec le bagage qu'on leur transmet inévitablement.

Je voudrais juste dire dans ce post complètement décousu, j'en ai bien conscience, que ce blog me permet entre autres de m'interroger sur le dialogue qui existe entre l'adulte que je suis et l'enfant que j'ai été, et quel grain de sel ce dernier vient mettre dans ma vie aujourd'hui. Cela me pousse à exhumer les choses qui me faisaient vibrer enfant et voir comment certaines peuvent de la même manière trouver écho en moi aujourd'hui, une sorte d'oeuvre de réenchantement à ma manière (peut-être que ce blog est une super cabane finalement).

Et vous, si le coeur vous en dit : 
Quel enfant étiez-vous ?
Quels échos de votre enfance raisonnent en vous aujourd'hui ? Que vous apportent-ils ?
Quelle est pour vous la meilleure façon de communiquer une émotion ? Quel regard portez-vous sur ce partage ? Dans l'univers professionnel, on nous apprend à ne pas laisser paraître d'émotion, considérée comme une faille (moi je sais parfaitement faire le robot), à l'école, dans la vie en général, pour réussir, il faut apprendre à se blinder. Qu'en pensez-vous ? J'arrête là parce que je m'égare et vas-y que je t'embrouille.

mardi 25 juin 2013

Chez moi c'est moche

(un post pas Feng Shui)

Chez moi c'est moche.



Je ne peux pas prendre une photo sans que traînent un bout de carrelage marronnasse, un mur "ocre" ou enduit de faux crépit jauni par trente années de service. Les meubles dans l'attente désespérée de ponçage et de peinture devront encore patienter. Les contraintes de la vie faisant, j'ai dû stopper la course à l'échalote pour avoir l'intérieur bien sous tous rapports. Pas de malentendu, je fais partie des culs vernis qui possèdent un chez soi.

Ça paraît con de parler de ça parce que finalement on s'en fout, et que vogue la galère quoi. Mais non, le "chez soi" c'est important. Parce que justement c'est un peu Nous chez nous. Il n'y a qu'à voir le nombre de blogs qui fleurissent à ce sujet, et jeter un coup d'oeil sur ma blogroll. Déjà qu'un blog c'est une représentation que l'on veut donner de soi, alors quand on met des images de son "home", on expose aussi une identité, on crie parfois : regardez, aimez-moi, c'est tellement beau chez moi !

Gavé d'images de magazines et surtout aujourd'hui de blogs, encore eux, on est nombreux à éprouver le besoin d'avoir un intérieur parfait, comme un corps parfait. Parfois, l'un peut même être une compensation de l'absence de l'autre. Les plus gourmands veulent tout cumuler. La mise en scène de la vie parfaite. Et on rejoint les réflexions récentes de Marie la Chic fille. Un peu comme notre corps, notre intérieur est une représentation extérieure (eh oui !), tangible, de nous-même. Et il faut paraître sans faille (ou alors avec la faille travaillée, stylée).

Bien sûr, comme on peut aimer se fringuer, on peut aimer décorer son intérieur, un violon d'Ingres quoi, ou tout simplement le but peut être de se sentir bien dans son nid. Pourtant, dans ce que j'ai pu observer chez d'autres comme chez moi, cela a tendance à devenir une fin en soi. C'est à dire que le bonheur serait en quelque sorte suspendu au jour où je trouverais ce tapis qui finirait cet intérieur qui deviendrait alors parfait. Mais on est éternellement insatisfait parce que c'est sans fin, les industriels suscitent toujours une nouvelle soif que l'on voudrait épancher.


Alors chez moi pour l'instant c'est le low-déco. J'ai mis ça en sommeil parce que bien que j'y attache de l'importance, c'est pour l'heure inconciliable avec d'autres activités bien plus que prioritaires dans mon emploi du temps de fille trop bien organisée (un autre sujet sur lequel j'aurais beaucoup à dire). Passée la frustration primaire de ne pas affirmer son bon goût à travers son lieu de vie, on arrive à profiter du bonheur présent sans toujours se projeter sur la prochaine dépense qui devrait faire que l'on se sente mieux.

Une lectrice de Marie dans le post précité commentait en parlant de la difficile acceptation de son corps, elle devait régulièrement se rappeler : le bonheur c'est sentir le vent courir sur sa peau, regarder ses enfants jouer, des petites choses comme ça... Et pour le chemin du bonheur : lire ou relire les mots d'Epictète que Marie (je ne lis qu'elle) a eu la bonne idée de diffuser.